Le Plan climat air énergie territorial prévoit « d’harmoniser la gestion des espaces verts et naturels et poursuivre les efforts vers une approche responsable ». De nombreuses communes du territoire sont engagées depuis une dizaine d’années dans des démarches de gestion durable (communes « Terre saine » ou « zéro pesticide »). La communauté de communes se devait d’intégrer les enjeux de développement durable dans la gestion de ses espaces verts elle aussi.
Dès 2021, la communauté de communes a sélectionné deux pôles d’activité pilotes pour la qualité de l’eau et la biodiversité, dans le cadre des contrats et accords de territoire Eau du bassin versant de la Vie et du Jaunay coordonnés par le Syndicat Mixte des Marais, de la Vie, du Ligneron et du Jaunay.
Elle a ainsi obtenu une enveloppe de la Région et de Vendée Eau pour expérimenter de nouveaux modes de gestion sur les quatre zones d’activités concernées : Espace Vie Atlantique Nord et Sud à Aizenay, et Actipôle Est et Ouest au Poiré-sur-Vie.
Un diagnostic initial de la biodiversité de ce site a été confié à la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux). Il a permis d’identifier des espèces patrimoniales remarquables dans ces zones d’activité ou à proximité (comme le grand capricorne, le rat des moissons ou la grenouille verte), et de formuler des préconisations pour l’entretien des espaces verts, pour avoir un meilleur impact sur la qualité de l’eau et la biodiversité.
Des analyses de qualité de l’eau ont également été réalisées pour permettre d’évaluer l’impact de l’évolution de la gestion des espaces verts sur la qualité de l’eau.
Suite à ce diagnostic, la communauté de communes a fait évoluer la gestion des espaces verts des sites pilotes avec notamment :
- Une réduction de la fréquence des tontes
- La mise en place de l’écopâturage dans les parcelles où il est adapté
- La création de deux mares dans le bassin d’orage d’actipôle Est, financée par Vendée Eau
- La plantation de haies et boisements dans l’espace Vie Atlantique, dont une partie dans le cadre de l’opération 10 000 arbres, et avec le soutien financier de Vendée Eau
Cette démarche pilote a permis d’initier la réflexion sur les modes de gestion des espaces verts, et a débouché sur la réalisation d’un plan de gestion différenciée de l’ensemble des espaces verts intercommunaux en 2025.
La gestion différenciée est une manière d’entretenir les espaces verts en tenant compte de leurs caractéristiques, de leurs usages et de leur valeur écologique. Plutôt que d’appliquer le même niveau d’entretien partout, elle consiste à adapter les pratiques : certains endroits sont très entretenus car ils sont très fréquentés, tandis que d’autres sont volontairement laissés plus naturels pour favoriser la biodiversité.
Ce plan a donc permis de définir le mode de gestion adapté à chaque espace vert (du plus sophistiqué au plus naturel), et donc d’optimiser les moyens alloués à leur entretien, tout en améliorant l’impact sur le milieu naturel.
Il doit être mis en œuvre progressivement sur l’ensemble des espaces verts intercommunaux. Par exemple, les haies monospécifiques (avec une seule espèce), implantée initialement dans un objectif esthétique et paysager, mais qui impliquent un entretien chronophage et coûteux, et ont peu de plus-value pour la biodiversité, doivent être arrachées et remplacées par des plantations à l’entretien moins onéreux et avec un meilleur impact environnemental.
La gestion différenciée
C’est la volonté de ne pas intervenir systématiquement partout, tout le temps, et de laisser la nature s’exprimer ! Les espaces verts, selon leurs usages, leurs fréquentations, et leurs localisations sont entretenus de différentes façons.
Quels objectifs ?
- Développer la biodiversité
- Accueillir la population dans des paysages diversifiés et des milieux sains
- Préserver les ressources naturelles : eau, sol, air, énergies (zéro pesticide, espèces végétales adaptées et locales)
- Optimiser les coûts et moyens d’entretien
- Valoriser et pérenniser le patrimoine naturel identitaire
- Former et valoriser le personnel
Entretenir autant que nécessaire, mais aussi peu que possible !
Source : Plante&Cité
En parallèle de l’élaboration du plan de gestion différenciée de ses espaces verts en 2025, et dans le cadre de l’élaboration de la stratégie arbre et bocage, la Communauté de communes Vie et Boulogne a souhaité élaborer un plan de gestion du patrimoine arboré intercommunal. Il permet, à partir d’une connaissance précise de son patrimoine arboré, d’identifier et de planifier de façon rationnelle les actions à mener pour accompagner au mieux les arbres et améliorer la qualité paysagère, tout en assurant la sécurité des usagers. Cette vision globale du patrimoine et des interventions à réaliser permet également un meilleur ajustement des budgets et des moyens techniques à mettre en œuvre.
Dans ce graphique, le diagnostic a été réalisé sur 1 083 arbres, répartis entre des arbres horticoles* et des arbres spontanés**.
Globalement, le patrimoine arboré est en bon état : plus de la moitié des arbres observés sont considérés comme sains (57 % des arbres horticoles et 50 % des arbres spontanés). Environ un tiers des arbres présentent toutefois des signes de stress liés à différents facteurs (conditions climatiques, manque d’eau, blessures, maladies, etc.).
Les arbres en très mauvais état (morts ou dont le dépérissement est irréversible) restent peu nombreux. Les arbres spontanés sont en revanche plus nombreux à présenter une descente de cime (dépérissement progressif de la partie haute de l’arbre) ou des signes de résilience, c’est-à-dire une capacité à se remettre de contraintes ou de dommages subis.
Le patrimoine arboré présente un état sanitaire globalement satisfaisant. Une attention particulière devra néanmoins être portée aux arbres stressés afin d’accompagner leur évolution et de préserver durablement le patrimoine arboré du territoire.
*Arbres horticoles : arbres plantés par l’Homme dans les espaces aménagés, souvent des espèces exotiques ou modifié génétiquement.
**Arbres spontanés : qui se sont installés naturellement sans plantation.
N.B. : La réalisation de ces deux plans a été cofinancée par l’Union européenne dans le cadre du programme Leader.
Ces deux plans de gestion ont été réalisé par l’entreprise Terra Aménité.
Les premiers travaux de gestion ont pu commencer lors de l’hiver 2025-2026
- Zone d’Activité La Gendronnière
Travaux sur une ancienne haie devenue aujourd’hui un alignement d’arbres.- Objectif : favoriser la régénération naturelle accompagnée de la haie et rajeunir les arbres.
- Actions : remise en têtard de 3 sujets et fléchage d’un sujet ; mise en place de paillage (Bois Raméal Fragmenté) et de branches au pied de la haie afin de stimuler la régénération naturelle.
- Zone d’Activité Espace Vie Atlantique Nord et Sud(photos)
Travaux de plantation et de rajeunissement d’une ancienne haie.- Objectif : favoriser la connectivité des corridors écologiques et renforcer la trame verte.
- Actions : remise en têtard et élagage de 8 sujets ; mise en place de paillage et de branches au pied de la haie pour stimuler la régénération naturelle ; plantation de 736 arbres et arbustes grâce au programme de Vendée Eau.
- Zone d’Activité Actipôle Est
- Objectif : favoriser la capacité d’accueil de biodiversité des corridors écologiques
- Actions : taille de formation et taille d’adaptation par élagage de 15 sujets.
*Arbres têtards : La taille en têtard est une technique traditionnelle qui consiste à supprimer le houppier (les branches) d’un arbre afin de former une « tête », ce qui favorise une repousse rectiligne et régulière tout en limitant la hauteur de l’arbre. Autrefois, les paysans utilisaient cette technique pour produire du bois de chauffage ou du bois d’œuvre.
Ce mode de gestion s’est révélé être un soutien important pour la biodiversité : gîte pour de nombreuses espèces, ressource alimentaire (larves, insectes), etc. Aujourd’hui, la taille en têtard – et par extension l’arbre têtard et ses bénéfices – tend à disparaître si nous ne préservons pas cette technique traditionnelle.




