L’origine et la conception du projet
Développer la mobilité partagée, et notamment les transports collectifs est une action prévue par le Plan climat air énergie territorial adopté en 2021. En 2024, le bureau d’études TTK a accompagné la Communauté de communes Vie et Boulogne pour étudier la faisabilité de création d’une ou plusieurs lignes régulières de transport collectif (bus) entre les trois communes les plus densément peuplées du territoire : Aizenay, Le Poiré-sur-Vie et Bellevigny.
Cette étude a proposé plusieurs scenarios et comparé les itinéraires, les horaires et les correspondances possibles, ainsi qu’une estimation financière de chaque scénario. Les trois communes concernées par l’expérimentation représentent plus de la moitié de la population (55 %) et près de trois-quarts des emplois (73 %).
Sur le territoire Vie et Boulogne, le transport routier est le deuxième secteur d’émissions de gaz à effet de serre (24,1 %) après l’agriculture (37,6%) et la voiture est le mode de transport le plus utilisé dans les déplacements domicile-travail. En zone périurbaine, la voiture est prédominante dans les modes de déplacement. Le levier majeur est bien le changement d’habitude des potentiels utilisateurs.
Dans ce contexte, la communauté de communes a décidé de lancer une expérimentation d’un an de deux lignes de bus : En’Vie bus.
Une expérimentation de deux lignes de bus
Un marché public a été conclu en mai 2025 avec la société Nombalais mobilité, pour démarrer l’expérimentation En’Vie bus à partir de septembre 2025. La décision de reconduction ou non du marché public doit intervenir avant le 31 mai 2026.
Le service a été pensé pour les déplacements domicile-travail majoritairement, avec une connexion privilégiée avec les horaires de train en gare de Bellevigny et la correspondance avec La Roche-sur-Yon (ligne 7 impulsyon). Deux lignes de bus ont ainsi desservi les trois communes précitées : Aizenay, Le Poiré-sur-Vie et Bellevigny, ainsi que les zones d’activité d’Actipôle, la Ribotière, le Séjour et l’Éraudière. Depuis septembre 2025, les deux lignes circulent du lundi au vendredi (sauf jours fériés) de 7h à 19h30 pour la ligne 1 et de 6h à 21h30 pour la ligne 2. Une dizaine d’allers-retours sont réalisés chaque jour pour chaque ligne.
Un bilan contrasté
710 montées en moyenne ont été comptabilisées par mois entre les mois de septembre et janvier. Depuis le mois de février la fréquentation progresse, avec 930 montées en février, puis 1300 en mars et 1 333 en avril. Cependant, malgré cette progression, cela ne représente qu’1,38 voyageur en moyenne par course (22 courses par ligne et par jour) et 60 montées par jour, en avril. (Une course est un trajet depuis le point d’arrêt d’origine d’une ligne jusqu’à son terminus. Exemple : trajet de la Gare jusqu’à la salle Oméga). Ce résultat s’avère insuffisant au regard des attentes de l’expérimentation.
Ainsi, les autocars utilisés et permettant de transporter jusqu’à 55 passagers sont parfois peu utilisés, voire vides. Il y avait toutefois un public sur les heures de pointe avec des horaires où les deux lignes étaient plus fréquentées par des actifs, des jeunes et des retraités.
Un coût élevé
Le coût du service pour un an de septembre 2025 à juillet 2026 devrait s’élever à 458 000 € TTC environ, soit un montant inférieur à celui qui avait été estimé (507 500 € HT soit 558 250 € TTC). Cela représente un coût moyen de 32 € par voyageur en avril.
L’expérimentation bénéficie de subventions :
- Le programme européen LEADER pour les mois de septembre à novembre 2025 : 50 000 €
- Le fonds vert « développement des mobilités durables en zones rurales », environ 103 000 €
Le coût net de l’expérimentation s’élève donc à 305 000 €.
Un choix difficile : mettre fin à l’expérimentation et au service En’vie bus
Compte tenu du bilan de la fréquentation, du coût important du service au regard de son utilisation et du contexte économique des collectivités territoriales, avec la diminution des dotations de l’État et les efforts financiers qui leur sont demandés, la communauté de communes fait le choix difficile de ne pas pérenniser le service En’Vie bus en l’état et de mettre fin à l’expérimentation le 31 juillet 2026.
Les horaires qui s’appliqueront du 6 au 31 juillet 2026 seront diffusés sur le site Internet de Vie et Boulogne courant juin.
Quelles prospectives pour les mobilités sur le territoire de Vie et Boulogne ?
L’expérimentation reposait sur un changement majeur de nos habitudes de déplacement en milieu rural/périurbain, à savoir délaisser la voiture individuelle pour se tourner vers des transports collectifs, moins courants dans nos usages. Force est de constater qu’En’Vie bus n’a pas trouvé son public malgré les moyens mis en œuvre. Il est désormais temps d’en analyser les raisons et de trouver la bonne alternative. Une récente enquête sur le service révèle bien un besoin de certains publics sur une ou des solutions de mobilité partagée.
Sur les six prochains mois, les élus vont se réunir pour prendre le temps de définir la vision qu’ils souhaitent pour le territoire.
La mobilité sera l’un des sujets majeurs qui sera abordé et pour lequel ils seront invités à réfléchir aux prospectives pour le territoire de Vie et Boulogne et ses habitants.
Un choix difficile : mettre fin à l’expérimentation et au service En’vie bus